Bertrand Alberge et les sculptures de coton

Une drôle d’histoire

En 2010, je porte ma machine à coudre (héritage maternelle) se faire bichonner dans un très bon atelier de réparation à Bry-sur-Marne. Sur les étagère de cet atelier trône une petite machine, un bijou de mécanique : une Anita BII. Je questionne Mr Chevillon sur l’usage de cette machine :

“C’est une machine pour faire des formes… elle servait à fabriquer des chapeaux, des panamas je crois…” Là, je n’écoute plus trop. J’ai bien entendu “une machine pour faire des formes”. “Waouh !! ” ; ça tourne vite dans ma tête : c’est en quelque sorte une baguette magique. Je la branche et j’obtiens une forme, voire une sculpture peut être !!!

Je réunis l’argent, et quinze jours plus tard je l’achète. Commence alors le dressage de la machine. Un vrai chemin de connaissance. Sans notice de fonctionnement je dois découvrir chaque réglage, les diverses tensions de fil, les multiples avances de pas, leurs influences sur le modelé. Quant à la matière je dois trouver les fils qui ne cassent pas, les textures qui se tiennent, …

De fil en aiguille, pour ainsi dire, je prends de l’aisance. Je saisis les subtilités de la machine. Surtout, je suis passionné à en oublier le monde !!!

J’ai un plaisir à fabriquer mes cordons, les ganses, ces rubans de cotons que je crée à ma façon. Je joue avec les vibrations des couleurs. La saveur du défilement sous la piqure de l’aiguille est comme un goût que l’on étire par plaisir. La machine rythme la musique. Sensuel, le coton glisse sous mes doigts. Quand je monte une forme, un volume, une sculpture c’est une chevauchée de liberté.