LES VANITÉS

La couture des sculptures de coton nécessite énormément de bobines de fil. Ces centaines de bobines sont en quelque sorte mon “ déchet industriel ” que je pouvais recycler, à mon échelle… En les conservant, j’ai tout de suite pensé que j’allais en faire quelque chose.
La proportion d’une bobine vide est surprenante et puissante. En tournant, retournant une bobine, en me projetant dans sa structure j’ai rapidement imaginé des têtes … de mort.
Mon histoire personnelle et mes réflexions m’ont conduit à concevoir un corpus de 365 Vanités sous le titre : “ Chaque jour, on meurt ”.

la vie ne tient qu’à un fil, 365 jours par an…

Le fil des bobines colore mes sculptures de coton. Ces bobines sont dodues, resplendissantes de couleur quand je les positionne sur la machine à coudre. Puis le fil se déroule, la bobine s’affine pour laisser que le bobinot en plastique vide.  Dans cette phase de travail, je  pense au défilement de la vie, la couleur de la vie. Les expressions : le fil de la vie, la vie ne tient qu’à un fil,  on marche sur un fil… me trottent dans la tête : l’inexorable écoulement du temps.

La “bobine” est devenue une tête de mort souriante

Le format de la bobine vide, de 4 cm de diamètre par 6 cm de hauteur, est une magnifique proportion. La structure rayonnante  autour d’un axe me plait. Après quelques essais libres, j’avais le plaisir de faire apparaître une figure, un crâne. La “bobine”  est devenue une tête de mort souriante. La notion de vanité s’est imposée rejoignant ainsi la thématique du défilement de la vie.

La plastique, la facture, la matière, le nombre des vanités induisent une étonnante douceur

Mon simple constat sur la mort  est que chaque jour des personnes meurent ; un jour sera notre tour. Sculpter 365 bobines pour dompter ou assimiler cette fatalité, pour rendre hommage à l’humanité qui nous à engendrée.

La plastique, la facture, la matière, le nombre des vanités induisent une étonnante douceur aux antipodes d’une représentation agressive et macabre. Mon “corpus” est une contribution émotionnelle pour acter sereinement  notre impermanence.